Seigneurie de Maizières et Vicomté de Vignory

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 l'art de se vêtir et de se coiffer

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MessageSujet: l'art de se vêtir et de se coiffer   Jeu 9 Mar - 18:44

Isaiis Lacourt d'Asceline a écrit:
L'art de se vêtir




Nous allons parler cette semaine de l'art de se vêtir convenablement, de la mode et des différentes coiffes que l'on peut se permettre de porter.


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MessageSujet: Re: l'art de se vêtir et de se coiffer   Ven 10 Mar - 10:41

Isaiis Lacourt d'Asceline a écrit:
Mais tout d'abord, nous devons parler un peu des tenues paysannes, pour pouvoir comparer avec le luxe dont dispose la noblesse.




Le paysan ne se soucie pas de la mode. C’est pourquoi on le surnomme le vilain.

Avant d’être beau, le vêtement doit être pratique et chaud.
Tout au long de l’année, les hommes et les femmes portent les mêmes habits.
Quand arrive l’hiver, ils les superposent.
Les vêtements sont amples et longs pour se protéger du froid.



Chaque jour, le paysan enfile ses braies (culotte des hommes), sa tunique, puis passe une cape de laine ou de lin.
Pendant la saison froide, il ne sort jamais sans son chaperon (sorte de cagoule), et ses houseaux (longues chaussures souples, lacées, qui protègent les jambes de la boue et de la pluie).
En été, il est habillé plus légèrement (tunique simple et chapeau pour se protéger du soleil).

Les femmes portent des chemises identiques à celles des hommes en plus longues,  par-dessus lesquelles elles mettent parfois des tabliers (cotte et/ou bliaut); elles ont toujours la tête couverte.

Un bandeau de toile est serré sur la chemise pour maintenir la poitrine.
(on  y  ajoutera  parfois  des  petits  "sacs"  pour  augmenter  une  poitrine  jugée trop petite...)

Et oui, on peut être paysanne et être coquette Smile

Pour  se  protéger  du  froid,  les  femmes  disposent  d'un  "pelisson"  de  fourrure.  Il  s'agit  d'un  long  gilet  sans manches  porté  entre  la  chemise  et  la  cotte.
C'est dans cette tenue que les uns et les autres partent aux champs...

Vous comprendrez que la maladie empote souvent les pauvres gens avec si peu de vêtements chauds sur le dos...

La  toile  de  chanvre  prédomine  pour  le  linge  de corps,  de  même  que  les  étoffes  teintes  bon  marché.
Chez  les  paysans  les  plus  aisés et les bourgeois,  les  étoffes  sont plus  fines,  les  teintes  plus  colorées,  et  on  
ajoute des bijoux et ornements métalliques.


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MessageSujet: Re: l'art de se vêtir et de se coiffer   Sam 11 Mar - 13:44

Isaiis Lacourt d'Asceline a écrit:
Après ce petit moment de détente, je décide de reprendre le cours Smile



Les nobles eux se soucient de la mode, il faut montrer sa richesse par des belles étoffes, de belles fourrures ou de beaux bijoux.

Voici quelques modèles encore portés à notre époque (et oui la mode va et vient)

Le bliaut

Le  bliaud:
A  partir  du  XIème  siècle,  les  robes courtes des hommes sont remplacées par des cottes longues et amples à gros plis  
A  partir  du  XIIème  siècle,  les  manches  s'élargissent  de  plus en plus, laissant voir les manches de la Chainse.
A la fin du XVème siècle les robes longues ou à mi-mollet ne seront plus ceinturées et les épaules seront démesurément étoffées pour former une silhouette rectangulaire soulignée par un décolleté en largeur.

La cotte

La  cotte  /  le  bliaud:
Les nobles dames sont vêtues de robes à gros plis supposées masquer les lignes du corps.  
L'encolure  est  au  ras  du  cou  et  pourvue  d'une fente verticale, fermée par une broche dont la taille reflète de rang de l'époux.
Puis le décolleté va s'arrondir, et s'ajuster sur le buste, les bras et les hanches.
Au   milieu   du   XVème   siècle, les robes sont décolletées en V et la taille est soulignée très haut par de larges ceintures  (le banolier  ou  bandier).
Le décolleté triangulaire peut atteindre la taille sur le devant et être bordé d'un tissu souvent noir
Les  femmes  de  plus  haut  rang  portent  une  cotte   à   manches   longues   sur   laquelle   elles  superposent  un  surcot  sans manches  dont  le  col est couvert de riches fourrures.
La Dame et ses suivantes portent des cottes à larges décolletés ne laissant pas paraître la chainse.
On peut remarquer une longue traîne et des boutons décoratifs ou des broderies.

La cotte-hardie ou cotardie

La cotte-hardie est un costume long avec le col pour seule ouverture.
Portée sans  ceinture avec des manches  larges  de  la  fin  du  XIIIème  au  XVème  siècle,  on  en relevait le bas pour marcher.
Elle pouvait être maintenue ainsi grâce à une agrafe nommée troussoir


hrp:
 

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MessageSujet: Re: l'art de se vêtir et de se coiffer   Sam 11 Mar - 13:45

Isaiis Lacourt d'Asceline a écrit:
La houpelande


Au XIVème  siècle  on  porte  la houppelande.
Une  robe/manteau  longue  et  ample  qui  traîne à  terre,  avec  un  col  montant,  aux  manches volumineuses, resserrées au poignet ou évasées, fendues sur toute leur longueur et traînant par terre.
Elle est portée sur un pourpoint et des chausses, parfois ceinturée.

Le surcot ouvert

Le Surcot est ajouté au XIIIème siècle, sans manches, avec des demi-manches ou  des  manches  longues  et  ajustées,  fermé  sur  le  devant par une ou plusieurs
broches.
Il est si long malgré  la  ceinture  à  laquelle  pend  l'aumônière,  que les femmes doivent le relever pour marcher.

Le  surcot  peut  être  "ouvert".  
Le  corsage  est  alors fendu  et  largement  échancré  des  hanches  aux  
emmanchures,  laissant  apercevoir  la  cotte,  tandis  que le devant forme une sorte de gilet recouvert d'hermine le plus souvent
Cette forme est dite "fenêtre de l'enfer" car elle laisse apercevoir les hanches de la Dame.
Le surcot, court ou long, apparaît au XIIIème siècle. Il est serré par une ceinture et peut être sans manche.


La robe à tassel



Le filage à la main est un travail typiquement féminin

Les robes sont légèrement décolletées, accessoirisées à l’aide de boutons et de lacets, et leurs manches s’élargissent.
Les femmes portent des corsets afin d’avoir une taille très fine, et sous leurs robes, une "armature" faite de fils de fers "vertudin", qui servait à raidir et à donner une forme de cloche à leurs multiples couches de jupon. Au-dessus de l’armature, elles portent un jupon en coton, et par dessus le tout, un deuxième jupon, décoré de broderies, dentelles et autres décorations.
À partir du XIVe siècle, le hérigaut (manteau) et la houppelande (robe) sont portés tant par les hommes que par les femmes. Les chaussures portées par les femmes étaient en velours ou en cuir et très pointues.
Les couleurs et les matières

Les tuniques et les bliauds sont généralement composés de lin ou de laine de lin de couleur neutre.
Ce n’est que lorsque les robes sophistiquées apparaissent (à partir du XIIIe siècle) que les tissus les composants deviennent plus luxueux.
Elles sont alors composées de soie d’orient, de coton d’Arabie, de velours et de dentelles.

Les fillettes devaient être vêtues de bleu ciel. couleur de la jeunesse et de la pureté.

La fourrure est également utilisée pour doubler les vêtements (la peau d’hermine étant l’une des plus utilisées). Après cette période, la mode bourguignonne définit la fin du Moyen Âge. Elle dure du XIVe au XVe siècle.
Le  manteau en  demi-cercle,  se  porte  au  XIIème  siècle  ouvert  ou  attaché  devant  par  un  
fermail et une cordelière,  il peut être remplacé par le Grand Mantel, cape longue et flottante, fermée  par  un  bijou,  le  fermail  et  une  cordelière  ou  chaînette.

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MessageSujet: Re: l'art de se vêtir et de se coiffer   Mer 15 Mar - 15:08

Isaiis Lacourt d'Asceline a écrit:
Je regardais mes étudiants...
Ou bien la classe était concentrée, ou bien endormie Laughing

Je continuais donc, malgré tout

Nous allons continuer avec les coiffes


Nous avons un large choix de coiffes, que l'on soit nobles ou roturières, nous avons le choix.

Au XIIe siècle, les dames nobles se coiffent d'un long voile simplement posé sur leur cheveux tressés, voile retenue par un cerclet en métal, précieux ou non.
Au XIIe siècle apparaît [color:0688=#0000cc
Plus le voile est long, plus la dame est de haute naissance.]la guimpe.
D'abord coiffe commune, elle sera peu après portée par les dames pieuses, veuves, âgées, ou nonnes.
Elle est constituée de deux voiles, un protégeant la gorge et l'autre posé par dessus, sur la tête.

Le barbet est aussi en vogue.
hrp:
 
Il est constitué d'un bande passant sous le menton, complété par un touret, cercle en tissu posé sur le tour du crâne.

Le gorget ressemble à la guimpe mais possède une différence :
celui-ci ne pend pas à l'extérieur de la robe comme la guimpe, mais se rentre à l'intérieur du col.
Il peut être porté sans voile par dessus.
Les coiffes en tissu fin sont majoritairement blanches, mais peuvent être de couleur jaune, on parle alors de "coiffes safranées".

Les demoiselles non mariées ont le droit d'être en cheveux
hrp:
 
mais doivent tout de même avoir leurs cheveux en ordre : tresses, torsades, chignons souples...
Pour les jours de fêtes, les cheveux sont lâchés et ceints d'une couronne de fleur.

Le chaperon est une coiffe en tissu épais ou drap de laine porté par beaucoup sans distinction de rang.



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MessageSujet: Re: l'art de se vêtir et de se coiffer   Mer 15 Mar - 15:09

Isaiis Lacourt d'Asceline a écrit:
Nous allons allons continuer avec les cheveux . Les modes ont évolués au fils des ans... Je vais donc vous parler des différentes façons de se coiffer avec ce petit récapitulatif

A la fin du Ve siècle, les cheveux sont portés très longs, surtout les Rois. Une fois les cheveux coupés, ils sont à tout jamais bannis du pouvoir.
Les cheveux rasés sont un signe de soumission, c’est le cas des moines  qui utilisent la tonsure. c’est pour prouver leur soumission à Dieu et effacer leur péchés

Entre le VI et XI siècle, les femmes rasent leur front pour le faire paraitre plus grand. Les cheveux souvent tressés sont ornés de fleurs et de bijoux. Les cheveux sont une parrure, à caractère érotique. Ils appartiennent donc à l'époux et il est très mal vu de se promener les cheveux détachés! C'est ce dont nous parlions Manon et moi!

Aux XIIIème et XIVème siècles, la coiffure en vogue est de faire deux tresses de chaque coté de la tête et de les faire se rejoindre sur le dessus du crane. On les attache alors avec des fils d’or ou de soie. Et on est à la pointe de la mode.

Mais il existe plein d’autres coiffures.
Truffau et barbette, le voile, la guimpe, la barbette, le voile et la barbette, et ci-dessous, un hennin.
hrp:
 
Avec un voile plus ou moins long.
S’il touche le sol, la femme est reine ou princesse, aux pieds c’est une femme de la noblesse, à la ceinture c’est de la simple bourgeoise.




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MessageSujet: Re: l'art de se vêtir et de se coiffer   Mer 15 Mar - 15:09

Isaiis Lacourt d'Asceline a écrit:
Les hommes s'habillent de braies, de chemise ou des cottes courtes, des poulaines. Col, gilet en fourrure agréementent leur tenue.
Mais les hommes, nobles, sont aussi et même souvent en armure, les guerres étant incessantes à travers tout le royaume.
Autant que les femmes, ils aiment à se parer de bijoux

Voici deux exemples pour que vous puissiez voir l'évolution





Les hommes portent également
Cape et manteau sont retenus par un fermail
La cape rectangulaire attachée sur l'épaule droite, est considérée comme nécessaire à toutes personnes nobles. Elle peut est remplacée par le Garde-corps,  un  manteau  à  capuchon  et  longues  manches  fendues.  

Des  chaussures  à  poulaine qui s'allongent de façon démesurée, au  point  qu'il  est  parfois  
nécessaire  de  les  attacher  au  genou  par  une  chaînette,  et qui reflètent  le  statut  social  de  leur  porteur.





Je laissais les plumes glisser sur les parchemins avant de reprendre


Les bijoux justements... Parlons en un peu!
Ils reflètent la richesse de son porteur. Et vous allez le voir il y en a différents modèles!

Les bijoux sont fixés aux vêtements : ornements de ceintures, fermaux (crochets, boucles, boutons permettant de maintenir fermer, etc…) en dehors des colliers, couronnes et bagues.


Je sors un petit coffret contenant quelques bijoux

Voici quelques bijoux dont se parent les bourgeois et nobles :

Les agraphes, (apparu sous le terme de « fermail », « tasel », ou « afiche »)
Elles sont aussi bien portées par les hommes que par les femmes : elles servent à maintenir le bords du haut d’une robe, d’une coiffure, d’un voile, à maintenir fermer les bords d’une chape (cape souvent portée par les ecclésiastiques). On s’en  sert aussi pour accrocher une aumônière ou les clés.
Elles peuvent être fabriquées à l’aide de divers matériaux : verre, pâte de verre sertie, métaux, camées,  pierres fines ou précieuses, suivant le statut du possesseur.


L’anneau, qui est mixte lui aussi
Son importance est grande au Moyen-Age. Il est utilisé pour officialiser les serments, comme simple objet de parure, comme sceau, pour contenir des reliques.
D’autres ontt une fonction sociale : anneau de fiançailles, de mariage, épiscopal.

Les boucles d’oreille
Les boucles d’oreille,  uniquement portées par les femmes, étaient constituées d’un pendant et d’une perle.

Les colliers
Les colliers sont plus généralement constitués de chaînes à un ou plusieurs rangs, torsades agrémentées de grelots ou de pendeloques ou perles d’or. Des petites chaînettes peuvent être portées près du cou.


Les bracelets
Il n’est pas très utilisé  car les manches sont longues, serrées et bordées par un galon ou par une large bande de broderies ornées de pierreries.
Seul cas particulier, celui des chevaliers qui portent un bracelet au-dessus du coude avec une devise inscrite lorsqu’ils participent à des tournois.
Il était aussi d’usage que le perdant porte un bracelet fermé à clé pendant un an sauf si une dame le libére.

La bulle
C’est un bijou aussi bien porté par les femmes que par les hommes.
Il est attaché au cou grâce à une chaîne et dans lequel est enfermé une relique, ou le nom d'Aristoteou de Christos.
La bulle comporte de petites ouvertures dans le but d’accroître l’efficacité de sa protection.
Ce talisman est porté par tous sans distinction d’âge ou de classe sociale.
On peut aussi trouver la médaille aristotélicienne ici

La couronne
Les nobles plaçent leur couronne sur de hauts bonnets ou des chapeaux tandis que les princesses les mettent sur leurs coiffures.
Le diadème ou tiare, est un bijou dérivé des couronnes portées autour de la tête au niveau du front.

Avez vous des questions?

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MessageSujet: Re: l'art de se vêtir et de se coiffer   Mer 15 Mar - 15:10

Isaiis Lacourt d'Asceline a écrit:
Bien sur que si Maistre Walik! Les hommes sont coquets Very Happy
Juste qu'une paire de braies, reste une paire de braies Laughing  Mais bon mes damoiselles, j'ai fais venir quelques sieurs pour vous présenter quelques tenues, afin que Maistre Walik ne se sente pas seul au monde Very Happy

S'en suit un petit défilé...

 
 
 

Cette dernière tenue arrive d'italie, où elle fait fureur!


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MessageSujet: Re: l'art de se vêtir et de se coiffer   Mer 15 Mar - 15:10

Isaiis Lacourt d'Asceline a écrit:
Je sortis quelques notes, différents échantillons de tissus et d'étoffe. Colorés, teints de différentes couleurs, de différents tons.

Nous allons parler aujourd'hui des codes couleurs. Ce qui est très important si vous voulez être pris et prises au sérieux Wink



Il faut savoir que certaines  couleurs  sont  interdites  à  telle  ou  telle  catégorie  sociale  non  seulement  en  
raison  de  leur  coloration  trop  voyante  mais  aussi  à  cause  du  caractère  précieux  de  leurs  
colorants. On n'habille pas une duchesse de la même sorte qu'une gueuse, forcément!

C’est le cas par exemple des "robes paonacées " (bleu foncé intense), teintées avec un concentré de guède coûteux.
Les riches et les puissants portent des couleurs vives obtenues avec des teintures de qualité tandis que les pauvres et les humbles ont des couleurs délavées, grisées à cause des teintures végétales de moindre prix.

La  société fait  preuve  d'une  aversion  pour  les  mélanges  de  couleurs.  
Mêler,  brouiller,  fusionner,  amalgamer  sont  des  opérations  jugées  infernales  car  elles  enfreignent  l’ordre  et  la  nature  des  choses.  
On  ne  mélange  pas  les  couleurs!!    
Le bariolage sur un tissu est la marque de la souillure, marque infâmante.  

Chez  les  paysans, les teintes sont donc généralement assez ternes, particulièrement chez les hommes.
La couleur la plus utilisée est le bleu, surtout pour les chaperons, cottes... Mais jamais pour les manteaux!!
Le manteau doit obligatoirement être d'une autre couleur. Question de code couleur encore une fois!

Chez les femmes les couleurs sont plus variées.
La plus courante reste le bleu pour les cottes et  les  robes,  mais  on  trouve  également  du  rouge,  du  vert,  du  "tanné"(sorte de brun),  du  noir...  

Quant  aux  chaperons, ils sont souvent rouges, brun sombre, vert, blanc ou encore "tannés".

Dans les classes nobles, si le bleu est très apprécié, c'est  le rouge qui tient la première place dans  la  hiérarchie  des  couleurs.  
Bien  que  les  préférences  de la haute  aristocratie  aillent  aux  couleurs  sombres et sobres.

Les  riches  bourgeois  privilégient  les  couleurs  éclatantes et voyantes. Il faut montrer sa richesse Smile
La  matière  première  permettant  d'obtenir  les  teintes  les  plus  écarlates  étant extrêmement chère, elle est réservée aux étoffes de la plus haute qualité.

Les soieries de teinte noire sont quant à elles réservées aux costumes princiers.

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MessageSujet: Re: l'art de se vêtir et de se coiffer   Mer 15 Mar - 15:11

Isaiis Lacourt d'Asceline a écrit:
Je vais vous expliquer brièvement comment l'on procède pour fabriquer de si jolies couleurs qui illuminent vos tenues

Les pigments et colorants sont extraits de végétaux, de minéraux, ou bien d'animaux.
Certaines couleurs sont également fabriquées par des procédés se rapprochant de l'alchimie, nous les nommerons "pigments artificiels".



Végétal a écrit:
Le règne végétal est celui qui procure le plus de couleurs mais elles sont malheureusement de toutes les plus fugaces.

On extrait de certaines plantes un colorant par macération ou décoction et cuisson.

Puis ce bain coloré est filtré. On y rajoute un mordant qui peut être de l'alun (peut-être le plus employé au Moyen-âge) ou de la lessive de cendre de châtaignier, de l'urine, de la crème de tartre...

La couleur ainsi obtenue peut être conservée sur des morceaux d'étoffe que l'on teint dans le bain. On les nomme "piécettes"
hrp:
 
. Pour récupérer la couleur, il suffit de déposer un morceau de piécette dans un godet avec un peu d'eau.

Si l'on désire qu'une couleur ait du corps, il faut mélanger à ce bain coloré une charge:

- Os de seiche pilé
- Craie
- Poudre de marbre...

La préparation est décantée, l'eau est jetée. Après séchage, la couleur s'est fixée sur la poudre, c'est une "laque". Sa teinte est plus claire mais sa conservation facilitée.




Minérale a écrit:
Les pierres se broient pour être réduites en poudre. Si elles ont été choisies sans impureté, il est tout à fait possible de les utiliser tout de suite. Sinon il convient de les laver.

Le broyage s'effectue dans un mortier et doit être différent d'une pierre à l'autre. Certains minéraux trop broyés perdent leur belle couleur, le lapis par exemple.




Terreux a écrit:
Pour être utilisables, les terres se lavent afin de les débarrasser des impuretés. Ensuite elles sont décantées pour séparer le pigment du sable de quartz.

Si le décantage est bien effectué, la poudre est extrêmement fine.




Animal a écrit:
Les noirs sont obtenus par calcination en milieu clos, c'est à dire dans un récipient fermé. La matière est alors friable, il suffit de la broyer.

La préparation de la cochenille est à peu près identique à celle des végétaux.





Alchimie a écrit:
On peut aussi utiliser le blanc de plomb ou le vert de gris dont la préparation est à la portée de tous


Après maintes manipulations et beaucoup de temps, une matière colorée est enfin obtenue. Elle se conserve en poudre, liquide ou séchée sur des bouts d'étoffe.

Pour peindre, le pigment doit être mélangé à un liant sur une plaque de marbre ou de verre dépoli à l'aide d'une molette. On nomme ce procédé "broyage". Il permet d'enrober de liant les particules et servira à l'adhérence du pigment sur le support.

Il existe différents liants :

- le blanc d'oeuf,
- la gomme arabique, exsudation d'une variété d'acacia.
- la gomme de cerisier,
- la colle de parchemin, fabriquée à partir de rognures de parchemin.
- la colle de peau de lapin,
- la colle de poisson, la meilleure est conçue avec de l'esturgeon.
- la colle de bois de cerf...

Dans certains cas, il est conseillé d'ajouter un assouplissant qui est le miel.

Comme vous le voyez, il n'est pas simple d'obtenir de jolies couleurs, ce qui donne aux étoffes les plus colorées un prix bien plus élevé!




 

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MessageSujet: Re: l'art de se vêtir et de se coiffer   Mer 15 Mar - 22:19

Isaiis Lacourt d'Asceline a écrit:
Je continuais donc le cours

Certaines  catégories  sociales sont  identifiables  par  les  couleurs de leurs vêtements qui sont  imposées  par  des  règlements  
et  des  statuts sous  formes :  
(croix, rouelle, bande, écharpe, ruban, bonnet, gants, chaperon):

- blanc (jauni) et gris :  
seuls  ou  en  association  désignent  les  misérables  et  les  infirmes  (lépreux...)

Le bien blanc n’existe pas:
il redevient  bis,  jaune  ou  écru  au  bout  de  quelques  temps.  
Pour  teindre,  on  utilise  certaines  plantes  (saponaire),  de  la  lessive  à  base  de  cendres  ou  bien  des  terres  et  des  minerais  
(magnésie, craie, céruse) qui donnent des reflets grisâtres, verdâtres, bleutés et ôtent l’éclat de la couleur.

- rouge passé:  
les bourreaux et les prostituées



- rouge écarlate
La noblesse et les robes des mariées


Au XIIème siècle c’est la couleur prestigieuse, celle des  riches,  des  puissants.  
Le  rouge  est  obtenu  de  diverses manières.
Mais il y a le bon (écarlate) et le mauvais rouge.      
Le mauvais rouge est symboliquement  l'opposé  du  
blanc  divin:  c’est  la  couleur du diable et de l’enfer. de la luxure et de la débauche.

-  jaune  :    
les  faussaires,  les  hérétiques  et  les  Juifs.  



- vert seul ou jaune et vert, pouvant être associé au rouge:  
musiciens, jongleurs, bouffons, fous.

* Le vert
Il est plus difficile à fabriquer Le vert est longtemps réservé aux vêtements de travail (jongleur, ménéstrel, accrobates...)sur lesquels la  couleur  verte,  difficile  à  obtenir,  symbolise  l’instabilité,  l’éphémère,  la  jeunesse,  
l’espérance mais aussi le désespoir et à la mélancolie.
* Le jaune
C'est la couleur de la ruse et du déguisement. Quand il s’approche du roux, il est presque toujours associé au mensonge, à l’hypocrisie et à la félonie.

- Le bleu
C'est la couleur la plus prisée, la plus usitée.
Que l'on soit homme, femme, jeune, vieux, noble ou paysan, le bleu ne dénote pas.

- Le violet
Il  est  peu  utilisé,  et  réservé  généralement  à  l'église  et  aux  cérémonies  ecclésiastiques.  C’est  
également la couleur de la traîtrise.
Vous ne risquez pas la faute de goût en portant du bleu

- Le noir
C'est une couleur à part entière. Il y a le bon noir : celui de l’humilité, de la modestie, de la tempérance  (visible  sur  l’habit  bénédictin  et  sur  celui  des  ordres  monastiques,  celui  des  magistrats et des officiers publics, celui du deuil).

Le mauvais noir est celui des ténèbres, de l’enfer,  du  péché,  du  Diable.  
Pire  que  le  jaune  et  même  que  le  roux,  il  est  la  couleur  de  la  mort.
Ce n'est pas Maistre Walik qui me contredira

Dans un premier temps, le noir est délaissé autant par toutes les classes sociales.  
Obtenir un noir uni franc et solide sur la laine est une opération délicate etcoûteuse (c’est plus facile  pour  la  soie).  
C’est   entre   autres pour  cette  raison  qu’il  sera progressivement adopté par les plus hautes sphères.

- Le orange
Mal vu et peu fait, à cause du tabou des mélanges et de la connotation négative (diabolique).
A  partir  du  XIIIème  siècle,  cette  couleur  apparaît  désormais  comme  le  signe  du  rejet  ou  de  
l’infamie. C’est la couleur du mensonge et de la trahison.

Ainsi s'achève ce cours. Demain je vous donnerais le thème du prochain devoir

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