Seigneurie de Maizières et Vicomté de Vignory

Résidence de Hersent
 
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 [RP] Tu quoque mi filii*

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hersent
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MessageSujet: [RP] Tu quoque mi filii*   Sam 23 Juil - 22:56

[hrp]*Toi aussi mon fils[/hrp]

« Parler de ses peines, c'est déjà se consoler » Albert Camus


Le Mans, 21 juillet 1464, au Hanap couronné.

Pourquoi avait-elle poussé la porte de la taverne mancelle ? Pourquoi n'était-elle pas restée, au calme, dans l'appartement qu'elle avait acheté en la capitale mainoise ? Elle aurait pu deviser gaiement avec Heka et Rose en attendant l'arrivée de Sarah.
Elles prenaient quelque repos avant de reprendre la route au bout de laquelle se trouvaient Sainte-Méné puis Reims.
Pourquoi cette envie d'errer dans les rues de cette ville où elle avait connu joies et tourments ? Quelle impulsion avait dicté à l'Ar Sparfel d'aller prendre un verre en taverne ? Un pressentiment ? Un appel imperceptible ? Seul le Très Haut possède la réponse.

La nuit, encore chaude du soleil estival, était silencieuse. Quelques miaulements de félins étiques, quelques soupirs échappés des fenêtres grandes ouvertes, des cris dans les recoins sombres, un aboiement de loin en loin, des bruits de bottes, celles des patrouilles miliciennes. Le sonneur de cloches était las, pas un brin de vent, rien.

Une lumière tremblotante, elle jeta un œil, sans trop y penser, et resta un moment clouée sur place. La silhouette d'Albin, ce fils qu'elle aimait au-delà de leurs différents, malgré leur éloignement, en dépit des chemins de la vie qui ne les réunissaient qu'en de rares occasions.
Albin, l'étrange Albin, éternel idéaliste, un brin agaçant, souvent détestable quand il s'agissait de lancer des piques, Albin qu'elle n'arriverait jamais à détester, Albin dont elle n'était pas suffisamment proche. A qui la faute ? A elle, sans doute, à lui, un peu.

Ses tripes lui enjoignirent de franchir le seuil de la taverne dicte « Au hanap couronné » où elle s'installa aux côtés d'Albin, seul et morose.
Des retrouvailles ? Un peu. Des maladresses ? Beaucoup.

Elle le salua, n'osa pas le serrer contre elle, figée dans une froideur qui n'était pas celle de son cœur. Une amie dont de récents événements l'avait éloignée, pour longtemps, lui avait dit qu'elle était devenue glaciale. Il est certain que, peu à peu, elle emprisonnait son cœur dans une gangue protectrice. Construction à double tranchant, certes. La clef était enfouie sans être égarée. Un jour, elle serait récupérée pour libérer le muscle palpitant de son enfermement temporaire.

La mère et le fils, échangeant des banalités alors que chacun d'eux n'attend que l'occasion de s'épancher.
Les banalités deviennent moins communes, une intimité se crée au point d'inciter Hersent à lâcher un
« Je sais ce qui est arrivé... » Imaginez un instant la scène. Deux solitudes accrochées à leurs émotions, à leurs non-dits, deux muets incapables de se dire les choses sans fard.
L'atmosphère devient pesante, irrespirable.
Un poing qui frappe la table.
Un sursaut.
Une escalade dans l'amertume.
Des mots volent, bas, bien entendu, blessants, furieux.
Des larmes qui coulent sans pouvoir être séchées parce qu'un geste arrête une main qui se veut tendre.

Un nom lourd à porter ? Qu'à cela ne tienne, une visite à l'alcôve de Mnémosyne lors du prochain séjour à Paris. L'Hôtel Saint-Paul n'est guère éloigné du Louvre.
Hersent, dépitée, triste et meurtrie, rejoint la chaleur de son appartement. Les serviteurs ont achevé les préparatifs, le départ pourra être bientôt donné.


Je n'irai plus jamais à Vignory ! Ne me touche pas ! Fiche le camp ! Tu n'es jamais là quand j'ai besoin de toi !

Ces mots résonnent encore dans le silence d'une nuit sans fin.
Elle ne peut rester sans rien faire.
Culpabilité. Colère. Reniement. Amour. Paix.

Avant de biffer sur le parchemin, un lien auquel elle tient, elle tente de jeter un ultime pont pour que la mère et le fils puissent se rejoindre.

Elle sait qu'il est malheureux comme les pierres. Elle sait qu'il a été abandonné par son amour biscuital. Elle sait qu'il est au fond d'un puits insondable. Elle sait qu'elle ne peut le regarder sombrer sans broncher.
Alors, avant de reprendre la route, elle lui écrit pour qu'il sache qu'elle sera là, envers et contre tout.


Citation :
Albin,

Je n'irai pas par quatre chemins, tu m'as souvent reproché mes détours, mes non-dits.
Je sais que tu as mal, je sais qu'elle t'a quitté, je sais que tu aimerais mourir, je sais que tu ne veux voir personne...sauf que...
Non, je ne te laisserai pas sombrer sans rien faire.
Non, je ne peux renoncer au lien qui nous unit sans rien tenter.
Non, je ne veux pas que tu te mures dans le silence qui tue à petit feu.
Non, je ne veux plus que tu pleures seul.

Je t'attends à Vignory pour que nous discutions, en toute honnêteté de ce qui nous sépare et de ce qui nous rapproche.
Parler de sa tristesse est un début de consolation, un pas vers la libération de son cœur.

Avec toute ma tendresse

Maman.

Faict au Mans, dans la nuit du 21 au 22 juillet 1464



Elle scella la lettre et envoya un des serviteurs, à demeure au Mans, la porter chez Albin.

Dans quelques jours, la nécessaire et salvatrice joute verbale aurait peut-être lieu. Non, elle aurait lieu. Il le fallait, tout simplement.

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MessageSujet: Re: [RP] Tu quoque mi filii*   Dim 24 Juil - 0:43

Albin. a écrit:
[Le Mans, appartement de Albin]

Voila bien des mois qu'il semblait être au paradis, il vivait un rêve éveiller.
Le retour sur terre est très brutale.

Ce qui maintenait à flot le Albin venait de s'envoler quelques jours auparavant, depuis il broyait du noir le coeur en peine, il se laissait dévorer de l'intérieur par cette douleur qui l'avait frappé aussi subitement qu'inattendue.
La vie pourtant devait continuer le sourire et la joie pourtant avaient bien disparus tout comme le soleil avait laissé place aux ténèbres.

Personne était au courant, du moins personne était censé l'être mais parfois les choses vont bien plus vite qu'on le pense notamment les nouvelles au point de s'en retrouver totalement dépassé.

Les mots prononcés par Hersent à propos de cette chose dont personne était censé savoir avait fini par mettre hors de lui, laissant éclater ce qu'il avait au plus profond de lui, faisant exploser toute sa peine.
Trop c'était trop, il y avait trop de non dits, trop de tensions non exprimés, trop de colère qui devenait un vrai fardeau. Ce qui devait arrivé arriva au final.

Les mots prononcés étaient durs mais au fond du Albin c'était presque une délivrance même s'il n'était plus très lucide sur ses propos. Un bien fou d'avoir pu exprimé sa colère, d'avoir exploser une bonne fois même si c'est blessant.

Le plus dur pour Albin était le contrecoup de ce qui venait de se passer. Un peu plus au calme, retrouvant sa lucidité, il avait fondu en larmes en réalisant ce qu'il venait de dire.
Le mélange de ces mots avec cette peine qui le rongeai de plus en plus l'enfonçait de plus en plus vers les abysses dont il aurait bien du mal à sortir.

Même s'il était parfois terrible, faisant preuve de beaucoup d'insolence, d'où le surnom d'Insolent du Albin, il aimait profondément sa mère adoptive, c'était vraiment un déchirement que d'avoir dit tout cela et d'en être arrivé à ce stade là proche du non retour. Bien plus que tout c'est bien un fossé qui s'était creusé au fil du temps entre mère et fils.

Malgré la colère retombée, la peine perdurait, impossible d'oublier simplement il ne se sentait plus comme vivant mais bien comme une coquille vide avec la noirceur qui avait fini par consumer le coeur d'un idéologue. Trop naïf peut être.

A la lecture du pli reçu, la colère le reprenait, une colère noire et violente à la lecture du mot "maman" , une colère liée à la peine et ces non dits .

Vignory? Il avait bien dit qu'il n'y mettrait plus les pieds, Albin vivait cela comme une provocation mais n'était il pas en manque de lucidité à ce moment là.
Le rendez vous de l'ultime dispute ou de la réconciliation pour mieux repartir dans ce lien familial tous ensemble avec Sarah, Arthur, Yvain et fils du Albin.

Répondre par la positive et s'y rendre? Rejeter la proposition? C'était un dilemme car il fallait bien tuer ces non dits, qu'il y ai une bonne explication définitive dont il en viendra alors les conséquences qui elles aussi seront irréversibles.
Se calmant, le brun ténébreux marchant dans son appartement, Podrick son page le regardant faire impuissant et ne sachant pas trop si son aide serait utile à son maître mais attendant de savoir s'il doit faire apporter par un coursier une réponse à la Vicomtesse de Vignory.
Au final...


Podrick, prends note et fait parvenir à Hersent ma réponse. Tant pis même si cela va contre ma première décision mais je vais aller m'expliquer avec elle.

Albin prit le temps de rédiger réponse avec une autre idée en tête.

Citation :
Vicomtesse,

Puisque vous voulez que nous ayons discussions en vos terres de Vignory, vous ayant dit que je ne viendrais plus à Vignory.
Soit nous acceptons de venir discuter.

Toutefois, nous vous proposons un autre lieu afin de procéder à nos joutes verbales. Ainsi donc nous vous invitons à venir nous rejoindre sur les terres de votre vassale à Soncourt, dans les jardins où se trouve le kiosque devant la mare qui borde les jardins de Soncourt.

Ne me demandez pas si Sarah est au courant je n'en ai que foutre et même si l'on m'en empêchait, je trouverais toujours moyens de rejoindre le lieu de rendez vous.

Si vous tenez vraiment à ce que nous ayons cette discussion alors acceptez ma proposition qui est ferme et définitive. Si vous refusez alors nous ne viendrons pas et vous pourrez nous renier autant que vous voulez.



Albin donna le pli à Podrick.

Fait parvenir donc cela et fait préparer le carrosse et les chevaux nous partons pour chez ma demi soeur.
Prépare aussi mon épée, l'on ne sait jamais dès fois que ça tourne mal et que l'on règle ça par les armes.

Que les gouvernantes à Entrammes fassent préparer mon fils aussi, il va venir dire adieu ou pas mais surtout il verra sa tante qui s'occupera de lui pendant que nous réglons nous différents.


Mais si elle refuse?

Elle acceptera, j'en suis certains.

Podrick parti remplir son travail et un coursier parti remettre le pli à Hersent.

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MessageSujet: Re: [RP] Tu quoque mi filii*   Lun 25 Juil - 22:44

Hersent a écrit:
Le Mans 21 juillet, à la minuit


Le convoi était prêt à s'ébranler, la route étant encore fort longue, les journées chaudes et les nuits trop courtes.

Un jeune homme portant les couleurs du Vicomte de Mondoubleau passa le porche à toutes jambes. Un coursier envoyé par Albin.
Elle le salua quand il lui remit un pli.

Elle brisa le scel de cire pour prendre connaissance du contenu. Sa mâchoire se crispa légèrement, son visage redevint impassible à la fin de la lecture.

Soit... Pas à Vignory mais à Soncourt. Qui était, si on y réfléchit bien, un peu de Vignory.


Va à la cuisine en attendant que j'écrive réponse à Monseigneur Albin.

Elle regagna le salon pour répondre à son fils et libérer le pauvre coursier.


Citation :
Albin,

Le coursier m'a remis ton message peu de temps avant le départ.
Il va de soi que notre conversation étant des plus importantes, je ne tergiverserai pas.
Sarah sera ravie de nous recevoir sur ses terres et pourra intervenir si nous en venons à croiser le fer.

Je serai au kiosque, devant la mare bordant les jardins de Soncourt.

A bientôt pour un Pas d'armes verbal.

Maman


Elle appela le jeune homme et lui confia la réponse accompagnée de quelques pièces.

Il était temps de prendre la route, profiter de la fraîcheur et la discrétion de la nuit pour cheminer.



Quelques jours plus tard, à Soncourt, Champagne

La petite troupe posa bagages à Soncourt, Hersent se retira dans un appartement pour se rafraîchir, se changer, se reposer et réfléchir. La journée serait la plus importante de sa vie.

- Kiosque, près de la mare, en bordure des jardins -

Endroit romantique et bucolique s'il en est, cadre splendide pour une explication franche.
Sarah avait eu la délicatesse de faire dresser une table sur laquelle étaient disposés gobelets, cruchons d'eau fraîche et de vin.

Vêtue d'une chainse en lin blanc et d'une surcote de couleur, elle guettait l'arrivée d'Albin. Heureusement que les jardins de Soncourt étaient à la françoise et non à l'angloise, pas de frissons inutiles à craindre.

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MessageSujet: Re: [RP] Tu quoque mi filii*   Lun 8 Aoû - 13:28

Albin. a écrit:
[Le Mans, appartement de Albin]

La réponse ne tarda pas à arriver, par conséquent cela signifie que Podrick avait bien fait son travail.
D'ailleurs c'est bien Podrick qui apporta la réponse écrite des mains de la désormais Vicomtesse Macaronesque.

Pendant le temps d'attente, Albin était parti lire dans sa bibliothèque quelques manuscrits, rien de bien extraordinaire en soit avant de les portés à son bureau et les étudiés plus en détail tout en prenant des notes sur les choses importantes. Rien de tel pour l'apaiser surtout en patientant que toutes les affaires pour le départ étaient bien prêtes également. .

Quand le pli portant le scel de Hersent se retrouva dans les mains, celui ci se mit à le lire préférant rester froid à la lecture du mot le clôturant. Le plus important dans le pli était le contenu et non ce mot qui se trouvait à la fin avec donc la réponse qui s'avérait positive pour le lieu de rendez vous. Comme quoi il avait raison, que la Hersy allait acceptée.

Rappelant de nouveau Podrick, il fallait donc maintenant régler d'autres détail.


Podrick, tout est prêt? Nous partons ce soir pour Soncourt. Même si ce sera des échanges verbaux, mon épée sera utile, le voyage de nuit n'est pas toujours très sur.

Tout est prêt, messire !

D'ailleurs pourquoi ne pas attendre le matin? Non non en fait Albin était plutôt pressé d'en découdre, il fallait vraiment que ça explose, que tous les abcès soient crevés, plus vite c'est dit plus vite c'est fait plus vite il y aura ce soulagement.

A la nuit tombé, le convoi Albinesque parti donc pour Soncourt.


[Quelques jours plus tard, à Soncourt]

Avec un peu de retard par rapport à Hersent, le Albin arriva à Soncourt avec son escorte. Le carosse était mis sous abris et les chevaux à l'écurie et forcément la curiosité était de mise parmi la population Soncourtoise d'avoir vu défilé Hersent puis Albin vers la demeure de la propriétaire des terres. Bien sur la curiosité était du genre "il se passe quoi? Réunion de famille? Il va y avoir la guerre? "

Ah les curieux !!!

Après avoir prit quartier, Albin parti donc rejoindre Hersent à l'endroit qu'il avait indiqué comme lieu de rendez vous. Quoi de plus précis pour être sur de se retrouver sans avoir à se chercher longtemps ou hurler même si le cadre est plutôt romantique.

Hersent était déjà là, ça ne surprenait pas Albin.


Bonjour Vicomtesse, permettez que je ne vous salue pas plus amplement.

Oui de quoi donner le ton surtout vu la froideur dans laquelle Albin avait prononcé ces quelques mots, une froideur pour dissimuler toute la colère qu'il contient en lui mais qui devrait bien assez tôt exploser tel un volcan crachant du magma.

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MessageSujet: Re: [RP] Tu quoque mi filii*   Lun 8 Aoû - 13:28

Hersent a écrit:
"C'est impossible, dit la Fierté
C'est risqué, dit l'Expérience
C'est sans issue, dit la Raison
Essayons, murmure le Coeur"
William Arthur Ward


- Kiosque, près de la mare, en bordure des jardins -

Un bruit de pas la fit se retourner, son fils adoptif la rejoignait pour l'indispensable explication.

Pourquoi ne fut-elle pas étonnée quand il attaqua par un "Bonjour Vicomtesse, permettez que je ne vous salue pas plus amplement."? Parce que Albin ne pouvait se comporter autrement quand la colère grondait en lui, quand le chagrin était trop lourd pour être exprimé.

C'est sur le même mode glacial qu'elle lâcha:


Le bonjour Monseigneur, ne vous donnez pas cette peine, inutile de disperser votre énergie pour de telles futilités que la plus élémentaire des politesses.

Tourner autour du pot? Non, ils devaient en finir une bonne fois pour toute.

Je n'irai pas par quatre chemins. Nous avons déjà perturbé la tranquillité de Soncourt avec nos équipages, plus vite nous nous serons expliqués, plus vite nous serons débarrassés du poids qui nous mine.

Elle versa un peu de vin dans les gobelets puis en porta un à ses lèvres pour boire une gorgée. Elle invita le Vicomte à se servir s'il le souhaitait.

La métaphore des joutes lui vint très vite à l'esprit, elle se prit à visualiser le drapeau s'abaisser, instinctivement elle enchaîna:


Je sais qu'il s'est passé quelque chose de grave dans votre vie sentimentale. Que cela vous fait souffrir et que vous en devenez fou de douleur.

Première lance, assaut en masse, du lourd mais ce n'est qu'un début.

Elle planta son regard couleur charbon dans celui de son fils - son fils, il l'était encore tant que l'issue du duel était inconnue - qu'elle n'avait que trop négligé. Elle but de nouveau un peu de vin, il était en adéquation avec la scène du kiosque: il avait du corps, un bouquet capiteux et une saveur âpre puis épicée en bouche.

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MessageSujet: Re: [RP] Tu quoque mi filii*   Lun 8 Aoû - 13:29

Albin. a écrit:
Le ton était vraiment donné par Albin. Hop la Hersent en avait du répondant et elle le fît alors savoir.
C'était un vrai déchirement que ce moment là, de devoir parler comme ça pour enfin se dire les choses en face.

La douleur était trop grande chez Albin, la colère avait prit totalement le pas sur la raison. Au vu de la réponse de Hersent pas surprenant en soi c'est une nouvelle déchirure qui s'était créer dans le coeur de l'Insolent, du moins ce qu'il en reste.

Albin avait beau se montrer si souvent insolent, provocateur, chieur et très taquin, s'il aimait jouer avec les limites, il en gardait pas moins quelqu'un qui au fond avait le coeur sur la main toujours prêt à aider ses amis et sa famille ce qu'il avait de plus précieux avec son fils. C'est bien justement son élan de générosité, à vouloir aider tout le monde et ne pas s'aider lui même qui l'avait fait arriver entre autre au point où il en était.
A trop vouloir aider, au final on aide personne comme qui dirait.

Et là comme un couteau que l'on enfonce un peu plus dans les entrailles, détruisant totalement les boyaux, finissant cette destruction de l'intérieur..mais non malgré cela Albin ne baissera pas la tête, il ne craquerait pas, il ne voulait pas de pitié ni l'attiré s'il venait à craquer.
La colère prenait toujours le dessus, elle était vraiment trop grande, ah si Hersent n'avait pas été une femme pour sûr elle se serait déjà prit le poing dans la figure mais non Albin n'était pas du genre à frapper une femme. La seule fois d'ailleurs qu'il a levé la main sur une femme, il s'est juré que ce serait la seule et dernière fois surtout qu'il l'avait grandement regretté ce geste mais témoin qu'un Albin en colère il en perdait toute lucidité sur ses faits et gestes.

La réponse du Albin à la dernière phrase de sa mère ne tarda pas, d'un glacial polaire.


Dont vous en êtes en grande partie LA responsable. Votre manque de soutien, votre égoïsme permanent. Pourquoi vous ne pouvez pas être un instant heureuse pour les gens qui vous entoure.
Vous me disiez vouloir passer du temps en famille, mais une famille ce n'est pas que quand l'on en a besoin c'est en permanence, ça s'entretient ça donne des nouvelles.
Depuis des années rien a été fait dans ce sens, que ce soit par le nombre de fois où vous m'avez presque totalement ignoré, que ce soit votre absence à mon précédent mariage pour privilégier votre carrière..


Il s'arrêtait là, la liste était trop longue et le reste avait été déjà en partie abordée lors de leur dernière entrevue en taverne qui avait conduit à ce moment où ils se retrouvent chez Sarah afin de régler leurs différents.

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MessageSujet: Re: [RP] Tu quoque mi filii*   Lun 8 Aoû - 13:29

Hersent a écrit:
"Voyez-vous, dit-il, l'avantage des tempêtes, c'est qu'elles vous libèrent de tout souci. Contre les éléments déchaînés, il n'y a rien à faire. Alors on ne fait rien. On s'en remet au destin." Vendredi ou la Vie sauvage de Michel Tournier



Le temps se rétrécit pour ne plus être. Un maelstrom s'engouffra sous le kiosque, les bondes sautaient, le navire était ballotté comme un paquet de linge sale, d'ailleurs ce dernier était en plein lavage en famille, Hersent posa, en douceur, son gobelet et attendit que les premières vagues soient passées.
Les déferlantes éclaboussèrent sans s'embarrasser de principes... le calice devait être bu jusqu'à la lie.

Un calme relatif s'instaura, l'invitant à répondre aux griefs lâchés, dont certains remontaient à loin.

Tout d'abord digérer les vérités qui dérangent et y répondre point par point. Ce qu'elle fit, aussi glaciale que son fils.


Je suis LA responsable de votre rupture! Première nouvelle, il faudra que vous m'expliquiez en quoi JE serais LA cause de votre déconvenue amoureuse.

Elle tiqua quand il lui affirma qu'elle ne pouvait être heureuse pour les personnes de son entourage. Que c'était bas!

J'ai toujours été heureuse de vous savoir épris de la jeune femme avec laquelle vous souhaitiez fonder une famille. Je ne vous l'ai jamais caché. Elle se tut pour affiner sa réponse. Du moins je ne vous ai jamais dit que votre relation ne me convenait pas. Toujours est-il que si je n'ai rien dit ce fut sans doute par pudeur, vous sachant tatillon sur votre libre-arbitre. A propos, vous ne m'avez toujours pas dit le pourquoi de ma responsabilité dans la rupture avec Mini. Si la raison en est mon nom, c'est fort dommage.

Un mot et elle aurait pu écrire à Mnémosyne pour le reniement libérateur.

Si cela vous arrange de m'en tenir responsable, soit. J'ai le dos large et solide et la main leste pour vous rentrer les mots dans la gorge.

Venaient les griefs sur la vie de famille, là, il n'avait pas tort.

Soit, je ne peux m'inscrire totalement en faux contre ce que vous dites Albin. Avouez cependant que vous êtes doté d'un caractère particulièrement ... le terme lui échappait... difficile. Un jour, on vous fait une remarque, ça passe comme une missive au colombier, le lendemain, une remarque provoque une tempête violente. Aller vers vous après avoir essuyé des déferlantes relève de la simple absence d'instinct de survie. Tiens, elle en avait aussi gros sur le coeur. Vous vous murez dans un silence insupportable parsemé de propos désobligeants pour ne pas dire pire.
Je reconnais que je n'ai pas les mots pour exprimer ma tendresse envers mes proches, cependant je suis patiente et je tente d'arrondir les angles avant de me fâcher.


Elle l'avait ignoré? Quand? Où? L'accusation était infondée.

A quelles occasions vous ai-je ignoré? Elle se mordit les lèvres... nom d'un Bourrin d'Artigot, les joutes de Vignory, elle était passée voir Leanore et avait oublié l'arbitre... Albin. Comment rattraper l'impair... avec des macarons? Pas dit que cela adoucisse l'ire du Vicomte.

PAF! PIF! BOUM! Le mariage auquel elle n'avait pas assisté.

Vous êtes en droit de m'en vouloir, je ne le contesterai pas. A vos yeux, je privilégiais ma carrière, j'aurais du être à vos côtés. Avec le recul, vous avez raison sur un point: le scandale autour de Marylune avait le goût d'une cabale. Qui dit cabale dit montage d'artifices de toutes sortes pour discréditer la personne accusée. Qui dit artifices dit menteries, preuves falsifiées et rumeurs galopant plus vite que la musique. Le discernement n'existe plus, la vérité est voilée par le mensonge.

Elle se souvenait que la cousine Brunehaut, étrangère à l'agitation de la province, était venue. Elles avaient eu une discussion des plus vives avant que tout rentre dans l'ordre.

Je ne suis pas une mère parfaite cependant je ne suis pas le monstre que tu sembles vouloir voir à tout prix. Naturellement, elle tutoyait son fils, instinctivement, elle lui lançait un signal de paix, un ton d'où sourdait l'affection maternelle qu'elle lui portait.

Si porter mon nom te pèse au point de ne plus le supporter, le reniement est toujours possible. Tu n'as qu'un mot à dire ou une proposition à faire.

Elle soutint son regard sans ciller.

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