Seigneurie de Maizières et Vicomté de Vignory

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 Barbier et Chirurgien

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hersent
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Messages : 2159
Date d'inscription : 04/07/2011

MessageSujet: Barbier et Chirurgien   Ven 4 Nov - 22:56

Citation :
Qu’ils soient médecins titrés ou simples chirurgiens artisans, les uns comme les autres sont encore peu nombreux et les soins aux blessés et aux malades sont souvent dispensés par d’autres : les religieuses et les moines distribuent des remèdes à leurs fidèles, les seigneurs et leurs épouses soignent les gens de leurs domaines. Dans les villages exercent les rebouteux, les rhabilleurs, les herniers; les matrones expérimentées mais sans instruction, qu’on nomme ventrières, pratiquent les accouchements.


Barbier/chirurgien


Initialement le barbier (Scherer) est affecté aux soins corporels : rasage, coiffage, tonsure des clercs. Mais en 1215, Innocent III prend la décision définitive de laisser exclusivement aux laïcs le soin de guérir et de réparer les corps. Dès lors, la pratique médicale se professionnalise et les chirurgiens vont progressivement se dissocier des médecins qui sont perçus par le peuple comme les garants du savoir, du fait de leurs longues études universitaires. Cette situation perdurera jusqu'au XVIIIe siècle ! Les chirurgiens se divisent en deux corporations bien distinctes : les barbiers et les chirurgiens.

À Strasbourg dès le XIIIe siècle certains artisans médicaux appartenant à une élite plus instruite et mieux formés portent le nom de cyrurgus, chirurgicus, wundarzt : ce sont les premiers chirurgiens laïcs de la ville. Il semblerait qu'au moins dès la seconde moitié du XVe la ville soit dotée d'une école de chirurgie.

Dans la hiérarchie médicale, le chirurgien vient avant le barbier mais après le médecin. Les chirurgiens abandonnent vite les petites besognes aux barbiers : ouvrir les abcès, pratiquer la saignée, appliquer les ventouses, soigner les plaies superficielles et les traumatismes légers (luxation) ainsi que les affections cutanées. Les barbiers sont aussi amenés à poser des pansements ou autres compresses et sont reconnus pour pratiquer des actes de chirurgie sur des plaies non-mortelles. L'enseignement du barbier est basé sur l'apprentissage. Ainsi à Paris tout postulant barbier commence comme apprenti avant de devenir valet (ouvrier) et pour finir maître après un examen. À titre de comparaison, on estime qu'il faut 6 à 8 ans d'études (à la fois théoriques et pratiques) à un chirurgien pour devenir bachelier et 8 à 12 ans pour devenir maître ! Une licence sanctionne les années d'études du chirurgien et l'autorise à exercer son art : petite chirurgie, chirurgie lourde, traitement des traumatismes comme les réductions de fractures, opérations des tumeurs comme les écrouelles. Il est probable que cette belle hiérarchie était probablement battue en brèche lors des campagnes militaires. N'oublions pas que le but de ces hommes était de faire de leur mieux pour sauver leurs frères d'armes : ils semblaient assez peu nombreux et l'ouvrage ne devait pas manquer !

En temps de paix, ces professionnels de la santé, au même titre que les artisans, sont regroupés dans une corporation. À Paris barbiers, chirurgiens et médecins possèdent leurs propres corporations. Parfois comme à Strasbourg, ils sont regroupés avec d'autres corps de métiers. Ainsi la tribu de la Lanterne regroupe les marchands de graines, les meuniers, les négociants en farine, les fabricants d'amidon et pour finir les barbiers (Scherer) et les chirurgiens (Chirurgius) ! À ce titre, les barbiers comme tous les autres artisans sont astreints à différentes corvées : gardes de nuit, piquets d'incendie, etc. Pour les personnes désirant visualiser le lieu, le poêle (lieu de regroupement) de la corporation était situé à l'emplacement de l'actuel n°18 de la rue du Vieux-Marché-aux-Grains. Les armoiries de la corporation étaient de sable à l'ours d'or passant à dextre, au collier d'argent portant une lanterne.


"D'après ce que mes lectures m'ont appris:
Il semblerait que oui,les barbiers étaient relégués aux soins de moindre importance et étaient signalés comme tels":
(Le barbier-chirurgien, en charge de la petite chirurgie, a pour enseigne des bassins jaunes)

L'ancien métier de barbier-chirurgien remonte au Moyen Âge, à une époque où la chirurgie a été condamnée par l'Église et où les actes chirurgicaux ne manquaient pas et devaient pourtant être pratiqués. En 1163, lors du concile de Tours, l'Église décrète : “Ecclesia abhorret a sanguine” (“L’Église a le sang en horreur”). En 1215, le IVe concile du Latran va plus loin et interdit explicitement aux prêtres d'exercer la chirurgie. Cette interdiction de la pratique de la chirurgie par les médecins, la plupart membres du clergé à l'époque, conduira des professions comme les arracheurs de dents, les marchands forains ou les barbiers à réaliser des interventions de petite chirurgie. La chirurgie est ainsi reléguée à un rang inférieur pour de nombreuses années.

• En août 1301 un Règlement du prévôt de Paris, Renaud Barbon, menace de peines sévères vingt-six barbiers qui se livrent à la chirurgie et leur défend de “s'entremettre dudit mestier” avant “qu'ils soient examinés des maistres de cyrurgie, savoir s'ils sont suffisants au dit mestier faire”.

Statuts des barbiers : 1371
Edit de décembre 1371 :
Citation:
Art 1- le roi établit pour garde du mestier son premier barbier et valet de chambre, avec pouvoir d’instituer un lieutenant
Art 2 - Pour faire office de barbier, il faudra avoir été essayé et éprouvé par ce maître et par quatre jurés (examen de maîtrise obligatoire pour qui veut s’installer dans ce métier)
Art 3 - On ne peut y admettre des gens tenant hostel de bourdellerie et maquerellerie; et s’ils en tiennent, ils seront privés à toujours de l’office, et leurs outils sront confisqués.
Art 4 - Interdiction de soigner les lépreux.
Art 5 - Ils ne doivent faire aux jours défendus, c’est à dire aux jours de dimanche et de grandes fêtes, aucune chose de leur mestier de barbier, hors de saigner et de piquer, sous peine d’amende. (Il est donc reconnu que les barbiers ont le droit de saigner).
Art 6 - Ils encourent aussi une amende de cinq sols s’ils pendent bassin hors de leurs huis aux cinq fêtes de Notre-Dame, Saint-Cosme, Saint-Damien, à l'Epiphanie, aux quatres fêtes solennelles de Noël, Pâques, Pentecôte et la Toussaint “
Art. 7 - “Le Prévôt de Paris peut mettre à la disposition du maître, de son lieutenant ou de ses jurés, la police de la ville en cas de besoin”.
Art. 8 - “En cas de conflit avec le Maître ou son lieutenant les barbiers ont droit de faire appel auprès du Procureur du Roi”.
Art. 9 - “Un barbier ne doit pas débaucher son apprenti ou son valet à un confrère sous peine de six sols d'amende”.
Art. 10 - “Tout barbier est tenu de comparaître devant le Maître lorsqu'il est nommé. Le refus de se présenter entraînerait une amende de six sols”.

Dans l’Ordonnance du 3 octobre 1372, malgré les réclamations des chirurgiens, on maintient les barbiers dans le droit “de panser de curer et guérir toutes manières de clous, boces, apostumes et plaies ouvertes en cas de péril et autrement si les plaies n’étaient mortelles sans pouvoir en être empêchés par les chirurgiens ou mires jurés” et “à fournir aux sujets du roi des emplâtres et autres médicaments pour guérir les plaies, clous et tumeurs”



Spoiler:
 


b]
Citation :
Professeur, vous dîtes que dans la hiérarchie le chirurgien vient après le médecin. Il me semble pourtant que le chirurgien doit avoir de meilleures connaissances que le médecin.

Oui Léanore, je ne me suis pas trompée. En bas, nous avons les barbiers qui sont en général des anciens soldats formés sur les champs de bataille. Un barbier saura parfaitement remettre un os en place et même effectuer une trépanation mais pas soigner un rhume…Ensuite les chirurgiens qui font la petite chirurgie, chirurgie lourde, traitement des traumatismes comme les réductions de fractures, opérations des tumeurs comme les écrouelles.
Un chirurgien ne peut s’occuper des changements d’humeurs d’un malade alors que le Médicastre, qui est au sommet de la pyramide pratique une médecine principalement basée sur la théorie dite des humeurs et permet de traiter toutes les maladies du corps comme de l’âme et des plaies lorsque celles-ci ne touchent pas les os (un médicastre est généralement incapable de s’occuper d’une fracture).

Effectivement les barbiers et les chirurgiens n'étaient pas très bien considérés en temps de paix mais pendant les guerres, heureusement qu'ils étaient là.

Ce qui m'amène à dire que nous aurions du étudier la 3ème année avant la deuxième.

Spoiler:
 
Citation :

Léanore a raison d'être intriguée par ces "obligations" un peu incongrues si on se place d'un côté pratique et humain des choses. Je crois, qu'en cas d'urgence, tout soignant met ses convictions religieuses dans sa poche, non?

Hersent, Legolas a raison. De tels préceptes viennent de l'église puisqu'il faut se rappeler que l'église "commande" si je puis dire et que les médicastres étaient des hommes d'église donc je vous laisse imaginer la suite.....croyez-vous que les hommes d'église vont aller contre la Sainte Eglise, je ne crois pas. C'est peut-être pour ça qu'ils existent des Ordres Religieux qui eux sont là pour aider tout le monde pauvre ou riche, lundi ou dimanche, le jour ou la nuit.

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